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Graffiti Research Lab

GÉOGRAPHIE ET TAG

Dans l’univers du graffiti, le tag est à la fois répandu et contesté. Rapide, menu et immédiat, le tag est au bas de l’échelle en taxonomie du graffiti. Il trahit souvent un style un peu enfantin, naïf ou peu raffiné. Facile à recouvrir et à réitérer, il est mobile et s’adapte aisément aux différents environnements et architectures.

Alors que le tag graffiti marque le paysage physique, le tag XML orne de plus en plus le paysage informatique. Le tag XML est une métadonnée qui permet la classification de l’information selon les prédilections de l’usager. Les systèmes comme Flickr et Twitter se présentent comme des systèmes « sociaux » parce qu’ils encouragent l’interaction et les nouveaux moyens d’échanger l’information par la participation des usagers. Le tag est louangé comme le canon ascendant populaire de l’information. Il permet une participation subjective entre deux usagers alors que les systèmes antérieurs sont entièrement passifs et objectifs.

Le tag graffiti et le tag XML se ressemblent de plus en plus en fonction et en nom. Avec les logiciels GRL, non seulement une personne tag un mur, elle se révolte contre les structures sociales convenues. Flikr et Google permettent tous deux des « cartes de mémoires », où les usagers peuvent fournir des commentaires et contribuer à des architectures monumentales. Dans les deux cas, le tag est un acte contre un ordre social rigide. Cependant, dans une certaine mesure, ce genre de commentaire bénin ne fait qu’affirmer un parcours d’autonomie restreint au quotidien. Les grands penseurs, dont Proudhon, Reich et Deleuze, ont constaté que l’internalisation des structures de pouvoirs mène souvent à la reproduction de ces dynamiques et hiérarchies dans de nouveaux systèmes. Le métatag, cependant, est muni d’un potentiel radical d’agence.

Ainsi, le projet GRL se conclura-t-il logiquement lorsque les bombes-projections se tiendront dans l’espace réel, et seront ensuite « tagués » et désignés dans l’espace virtuel ? Y a-t-il d’autres champs d’application ? Une panoplie d’occasions se révèlent lorsque nous considérons la pratique du tag et les possibilités locatives de média. En effet, GRL travaille actuellement à pénétrer Google Maps street view pour ouvrir l’accès à des lieux pour le tag. Mieux nous sommes capables d’articuler nos préoccupations dans le champ de la géographie urbaine, mieux nous sommes à même d’imiter les architectures de l’information et de nous y soustraire, et plus le champ de jeu du GRL devient grand.